L’actualité du Haut-Karabagh, avec Hovhannès Guevorguian et Lusine Movsisyan, vendredi 17 février à 19h30

Vendredi 17 février 2017 à 19h30 au CNMA

Conférence sur l’actualité du Haut-Karabagh et de l’Arménie.

avec M. Hovhannès Guevorguian, Représentant du Haut-Karabagh en France

et Mme Lusine Movsisyan, Vice-Consule d’Arménie à Lyon.

 

Une soirée dédiée au conflit du Haut-Karabagh et à sa non résolution depuis le cessez-le-feu de 1994.

Ce territoire rattaché à l’Azerbaïdjan par les Soviétiques a, depuis l’Antiquité, été peuplé d’Arméniens. Intégré à l’Empire russe, il est soviétisé et rattaché à l’Azerbaïdjan par le bureau caucasien du parti communiste soviétique (présidé par Staline). Il décide d’inclure le Karabagh, peuplé à 90% d’Arméniens dans le territoire administratif de l’Azerbaïdjan, mais avec « une large autonomie régionale ». De 1923 à 1988, les Arméniens du Haut-Karabakh n’allaient cesser de réclamer leur rattachement à la République Soviétique d’Arménie, car Bakou multipliait les discriminations culturelles et ethniques envers les Arméniens. La revendication s’amplifia en 1985 avec l’avènement de l’ère Gorbatchev et la perestroïka: la demande de rattachement du Karabagh à l’Arménie s’intensifia. À la fin de l’année 1987 des dizaines de milliers de citoyens du Haut-Karabakh signèrent une pétition exigeant la réunification du Haut-Karabakh à l’Arménie. En réponse, des pogroms de masse et assassinats d’Arméniens furent perpétrés en février 1988 à Soumgaït, près de Bakou, trois jours durant. Alors que le mouvement du Karabagh s’intensifiait et se structurait, de nouveaux pogroms anti-arméniens eurent lieu à Kirovabad et Bakou en janvier 1990, un blocus instauré. Les Russes laissant faire malgré le déploiement de l’armée rouge en Arménie et en Azerbaïdjan afin de stabiliser l’ancrage de ces Républiques dans l’URSS…

L’Azerbaïdjan déclencha la guerre, alors qu’à l’été 1991 les proclamations d’indépendance de l’Azerbaïdjan, du Haut-Karabagh puis de l’Arménie se succédèrent. La Turquie, caressant toujours son rêve pan-turc (rattacher toutes les terres turcophones sous son autorité, en éliminant tous les non-turcs, principe actif du génocide des Arméniens, des Assyro-chaldéens et des Grecs pontiques en 1915-1918…), instaura également un blocus envers l’Arménie qui perdure, 25 ans après le déclenchement du conflit. La guerre dura 4 ans, « contre toute attente » compte tenu de la disproportion des forces, les Arméniens du Karabagh, aidés par l’Arménie, l’emportèrent. Un cessez-le-feu signé en mai 1994 à Bichkek mit fin à la phase armée de ce conflit qui fit 30 000 morts et des dizaines de milliers de réfugiés. Le processus de paix piloté par l’OSCE est enlisé depuis, car le conflit oppose deux principes inconciliables mais également prévalents du Droit international : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et le principe intangibilité des frontières internationales…

Au sujet de la guerre du Karabagh, Andreï Sakharov (prix Nobel de la Paix et grand défenseur de la Liberté et des droits de l’Homme en URSS) disait : « pour l’Azerbaïdjan, le Karabagh est une question de fierté, pour les Arméniens qui y vivent, c’est une question de survie ». La guerre de quatre jours qui se produisit du 2 au 5 avril 2016 en apporta une sinistre confirmation. Valérie Toranian écrivait dans l’éditorial de la Revue des Deux Mondes du 11 avril 2016 : “Il y a vingt ans, lors du conflit, les Azéris avaient engagé près de 2000 mercenaires islamistes venus d’Afghanistan et de Tchétchénie pour combattre les forces arméniennes. Qu’en est-il des troupes actuellement engagées à la frontière, suréquipées militairement, instruites et encadrées par des officiers turcs ? Enfants et vieillards exécutés, têtes tranchées, corps suppliciés… Les méthodes utilisées lors des affrontements début avril évoquent tristement les actes barbares de l’État islamique.”… et les persécutions des grands massacres ottomans qui culminèrent en 1915-1920.

Une soirée qui s’annonce passionnante avec le représentant du Haut-Karabagh en France et Madame la Vice-Consule d’Arménie à Lyon. Une occasion unique de faire le bilan et d’envisager les perspectives de ce conflit non résolu.

artsakh-snow-02

Entré 5€ / libre pour les adhérents.

Un vin d’honneur clôturera la soirée.

CNMA